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CPC 464 [fr-en] (Amstradeus)

L'histoire :

  

En 1982, Alan Michael Sugar était déjà bien établi. Amstrad surfait sur la vague de la CB, alors en pleine éclosion. Oui, mais voila : Sugar a toujours été persuadé qu'il fallait quitter un marché au moment où il connait le plus de succès (et surtout au moment où tous vos concurrents s'y installent).

1982, c'est également l'année de l'explosion de la micro-informatique chez nos amis d'outre manche avec notamment Oric et Sinclair, une marque britannique, qui fait un carton avec son petit Spectrum après avoir révolutionné le marché grâce à son ZX80 puis ZX81. Même IBM, LA référence, s'y est mis. Alors Sugar se dit pourquoi pas. Et il analyse. Et il voit que les gens sont tarés. Que les gens achètent tout ce qu'on leur dit d'acheter. Que les kilomètres de fil ne les gènent pas, que les alimentations par appareil ou périphérique non plus. Qu'il y a des centaines de normes toutes différentes les unes des autres...

  

Alan Sugar présente fièrement son CPC 464 (666 Ko)

  

Amstrad, c'est la marque qui a popularisé, inventé le système de l'intégré en Hi-Fi. Non pas par amour de l'innovation mais simplement par une recherche de réduction des coûts. Alors plutôt que de vendre par éléments séparés, pourquoi ne pas tout vendre en un seul bloc ? On réduit le nombre d'alimentation, un seul moule est bien moins cher que plusieurs et tout cela fait des livres en moins dans la fabrication et donc des livres en plus dans le résultat net. Et Sugar se dit donc qu'il peut faire la même chose en micro. Il faut que l'acheteur ait l'impression d'en avoir pour son argent. C'est lui qui décide de proposer au public un ensemble complet. Il faudra le livrer avec le moniteur et le lecteur de cassettes intégré. Le projet est ainsi lancé dès 1982. C'est Bob Watkins qui est chargé de gérer tout cela, même si, à la manière Amstrad, Sugar est derrière tout projet.

Mais contrairement à la HiFi où il suffit d'appliquer des technologies déjà existentes et de copier purement et simplement, créer un ordinateur est un petit peu différent. Il faut le créer depuis la base (tout en utilisant des technologies déjà éprouvées). C'est donc à deux ingénieurs de chez Amstrad que revient l'honneur de créer la machine. Le temps passe et en Août 83, Sugar apprend que les deux ingénieurs ont disparu, craquant sous la pression d'une telle tache. Amstrad les fit d'ailleurs rechercher et Watkins raconte qu'il alla même chez l'un d'entre eux où il retrouva les plans de l'ordinateur. Il fallait trouver une solution. Watkins se rappela d'Ambit, une société avec laquelle ils avaient déjà travaillé pour le marché de la CB justement. Roland Perry (le voila donc...) et William Poël (futur fondateur d'Amsoft) entrent en scène. Watkins alla voir Perry avec le prototype qu'il avait récupéré en lui demandant de finir le job. Et c'est ce qu'Ambit fit. Pour l'anectode, R. Perry rencontra l'un des deux ingénieurs qui n'avait pas fui.

Le rendez vous eu lieu dans un pub et au fil de la discussion, il se rendit compte que c'était le fils du dit ingénieur qui avait fourni le gros du boulot. C'est le gamin qui répondait aux questions !!! C'est aussi après cette "réunion" qu'il décida de tout reprendre à zéro.

D'abord la machine : à la base, le CPC devait être équipé d'un 6502. C'était, après tout, le processeur qui équipait les Commodore Vic-20 et autres Apple II. 32K de RAM devaient être suffisants. De plus, une grande logithèque avait déjà été developpé pour le processeur de Motorola. Et c'est la qu'entre l'aspect logiciel. Et plus particulièrement le Basic. Le plus célèbre était celui de Microsoft (oui, déjà). Mais Sugar, dans sa quête incessante d'économie, avait décidé de créer un Basic propriétaire et propre à sa gamme d'ordinateur.

Perry se tourna alors vers Locomotive Software, de vieilles connaissances afin de créer un Basic. Quand Amstrad demande à Richard Clayton et Chris Hall le temps que cela demandera la réponse est sans appel : "huit mois". Mais voila, Amstrad en avait besoin bien avant. Et Locomotive de répondre que si l'ordinateur était conçu à base de Z80, l'OS serait prêt bien plus tôt (Locomotive avait écrit le Basic de l'Acorn, à base du processeur de Zilog). Le voila notre Z80 chéri. Et cela arrangeait tout le monde, surtout MEJ Electronics, créé par Mark-Eric Jones, une connaissance de fac de Perry, qui avait pris les rennes du côté Hardware de la bécane. MEJ connaissait parfaitement ce microprocesseur.

Et voila, Arnold (le nom de code du CPC) avançait à grand pas vers la commercialisation. Pour info, Arnold (qui est bien l'anagramme de Roland) a surtout été choisi en relation à Sir Arnold Weinstock, patron de GEC, afin que tout le monde croit que c'est cette société qui est derrière ce produit et non Amstrad. Le nom de code pour Amstrad n'était pas IDIOT pour It Does It On Tape. Idiot a été le nom de code du 664. En tous les cas, le CPC 464 (pour Personal Colour Computer 464) allait voir le jour.

Et le produit se devait de respecter la philosophie Amstrad. On branche, ça marche. Et c'était le cas. On s'arrête un instant sur un fait important. Tout le monde se pâme devant IBM qui avait mis moins d'un an pour concevoir son ordinateur. Que dire d'Amstrad qui le fit en un temps record de 15 jours (de l'accord donné par Perry jusqu'au fax envoyé à Amstrad contenant les plans de la machine) !!!

Le reste, on le connait... Le CPC 464 fut un succès. Il faut dire que le prix Amstrad était au dela de toute espérance pour le public. Comparons un peu :

  

 

 * Comparaisons des prix au mois de Septembre 1984 d'après prix constatés sur revues d'époque

Comme on le voit, il n'y avait pas photo. L'Amstrad était réellement le mieux placé au niveau du prix. Le CPC connut un grand succès en Grande Bretagne mais également et surtout en France ainsi qu'en Espagne et en Allemagne, où il fut commercialisé sous la marque Schneider.
Il reste aujourd'hui un micro facile à trouver pour tout collectionneur et garde le même charme, certainement dû au chargement cassette si caractéristique (mais qui présente l'avantage d'être bien plus fiable que chez ses concurrents Sinclair ou Oric).

La Technique :

Comme toujours avec Amstrad, il faut comprendre les caractéristiques d'un produit du point de vue marketing et vendabilité. Parce que très souvent, c'est les analyses de Sugar qui ont fait le produit. Prenons le cas de notre cher 464.

 

- Ensemble complet UC+mémoire de masse+moniteur

Quand Sugar analyse le marché en 82, il ne comprend pas les acheteurs. Comment font ils pour dépenser des centaines de livres (ou milliers de francs chez nous) pour se retrouver avec des ensembles mal pensés ? Pour un ensemble complet, il faut une télé (1 câble d'alimentation+1 câble vidéo), un lecteur de cassette ou disquette (1 câble d'alimentation+1 câble de liaison) et l'UC elle même (1 câble d'alimentation). Sugar décide donc de "leur en donner pour leur argent" et de vendre donc la totale. Ce sera le cas. Le CPC 464 n'a qu'un seul câble d'alimentation provenant du moniteur (le moniteur contenant l'alimentation) et deux câbles du moniteur vers le CPC (alim + vidéo). Cela donne un aspect bien plus pro à l'ensemble.

- Lecteur de K7 intégré

Non seulement cela évite le nombre de câbles génants, mais surtout (un peu dans l'idée du tout intégré), cela évite le nombre d'alimentation. Et qu'y a t-il de plus cher et de moins rémunérateur si ce n'est l'alimentation. Le positionnement prix de la machine ayant été fixé auparavant, il fallait réduire tout coût superflu. Et voila...

  


Vue interne du lecteur de K7 (239 Ko)

  

- Gate Array (40010)

C'est une des grandes réussites du CPC que l'on doit à Mark-Eric Jones. La encore, c'est plus le coût de revient de l'appareil que le coté technique qui l'a emporte. Il fallait penser à réduire le nombre de composants et ainsi le coût de la machine. Ce fut chose faite grâce au Gate Array. C'est un chip conçu exclusivement pour utilisation dans les CPC (dans la série +, ses fonctions seront regroupées dans l'ASIC). Il est responsable de :

- la vidéo avec le CRTC

- la commutation des Roms

- la commutation des pages de RAM supplémentaires (6128)

- la sélection du mode écran

- la gestion de la palette de couleurs

- la réinitialisation du compteur d'interruption.

 

La carte mère :

  

La carte mère est dépouillée, c'est clair. C'est surtout qu'elle est assez large comparé par exemple à un Atari 800XL voir un C64. Et puis forcément, avec le Gate Array, il y a besoin de moins de chip. On sent quand même que c'est soigné et l'ensemble inspire vraiment confiance. D'ailleurs c'est ce qui fera une des forces du CPC 464. Quand le taux de retour des Spectrums et BBC était de l'ordre de 20%, celui des CPC n'excédait pas 4%. Sacré différence quand même. Forcément, les revendeurs apprécieront !


Carte mère CPC 464 (127 Ko)

  

J'ai également retrouvé une variante, apparamment un modèle destiné au marché espagnol et dont la carte mère est différente, sans rien changer au fonctionnement. Elle est en effet plus petite et les chips y sont disposés différemment. Une partie de la connectique se retrouve sur le côté (son, joystick) et l'arrivée d'alimentation ainsi que le signal vidéo sont déplacés de la droite vers la gauche. Le Gate array est lui disposé en bas de la carte mère et la mémoire est alignée et non plus disposée côte à côte.

  


Modèle plus court et de disposition différente (231 Ko)

  

  

Le clavier :

Le clavier est pour moi une des plus grandes réussites de ce modèle. Faisons un tour de concurrence :

  

 

  

  

Le clavier du CPC 464 est un modèle du genre. Agréable et super complet. Mine de rien, le pavé numérique est un réel confort, malgré tout ce que les gens pouvaient dire à l'époque. D'ailleurs, qui aujourd'hui pourrait s'en passer ? En tous les cas, la saisie de listing remplis de DATA n'était plus le calvaire que l'on pouvait rencontrer sur le Thomson ou le C64.

Le clavier vu de dessus (105 Ko)


 

de dessous (93 Ko)


 la membrane clavier (127 Ko)

  

  

Le CPC est donc équipé du fameux Z80, processeur vedette des années 80. On le voit au centre haut de la photo. 64 Ko de mémoire équipent le modèle, ce qui constitue de toute façon la limite pour le processeur qui ne sait pas gérer plus de mémoire. Du moins pas naturellement. On verra sur le 6128 comment cela peut être contourné et comment Locomotive a pu réaliser cela.

Les graphismes :

  

Il existe 3 modes graphiques sur CPC :

Mode 0 : 160*200 en 16 couleurs simultanées sur 27 possibles - 20 caractères par ligne
Mode 1 : 320*200 en 4 couleurs simultanées sur 27 possibles - 40 caractères par ligne
Mode 2 : 640*200 en 2 couleurs simultanées sur 27 possibles - 80 caractères par ligne

A noter que le mélange est possible et beaucoup de jeux utiliseront ce stratagème dès 1985. Cela permet ainsi d'avoir un tableau de bord par exemple en mode 1 (plus fin, donc plus de détail) et le reste du jeu en mode 0 afin d'avoir plus de couleurs.

Ce qui manque réellement sont les sprites hardware, tant encensés par les utilisateurs de C64 au plus fort de la "guéguerre" entre ces deux machines. Et c'est vrai qu'il était plus ardu de programmer cet aspect sur CPC. Mais cela n'influe en rien la qualité des jeux. Il suffit de tester pour le voir. La qualité du portage est plus souvent la vraie coupable que les qualités de la machine.

 Mode 0 (100 Ko)

 

Mode 1 (215 Ko)

 Mode 2 (96.9 Ko)

  

En bref, le CPC 464 est une machine attachante pour peu qu'on fasse fi du chargement par cassette, courant à l'époque. Découvrez les autres machines ainsi que son Basic pour vous en faire une idée encore plus réaliste.

  

Les différents modèles :

Amstrad CPC 464

  


 Schneider CPC 464

Il existe plusieurs modèles... CPC 464 :

D'abord les modèles Amstrad :
- CPC 464 QWERTY
- CPC 464 AZERTY
- CPC 464 QWERTY touche ñ (clavier espagnol)

  

Il existe également un modèle peu répande : le CPC 472. Il s'agit d'un modèle réservé exclusivement à l'Espagne pour contourner une loi à l'époque qui obligeait tout ordinateur dont la mémoire RAM inférieure ou égale à 64K devait avoir un clavier adapté à l'Espagne (avec la fameuse touche ñ). Changer le clavier aurait été coûteux. Amstrad décidé de passer la mémoire à 72K (les Ko aditionnels ne servent absolument à rien). Peu de temps après, ce modèle fut abandonné et le clavier espagnol adopté. Comme vous le verrez dans les interviews, peu de personnes étaient au courant. Ni les gens de chez Locomotive, ni même chez Amstrad comme le dit William Poël !

  

Modèles Schneider :
- CPC 464 QWERTY
- CPC 464 QWERTZ

  

  

(c) Charles da Silva - 2003

Sources : David Thomas "Alan Sugar"
François Quentin "Ces ordinateurs sont dangeureux"
William Poël, Richard Clayton dans leur interview respectives sur le site
Site "old-computers.com"


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