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Frédéric Bellec -Silipack-

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Tu as bricolé dans ton coin ou bien tu étais en contacts avec d'autres auteurs, d'autres acteurs du monde informatique de l'époque ?
 
Malgré l'absence d'Internet et du Minitel, quand j'habitais encore chez mes parents (jusque l'âge de 22 ans), j'échangeais avec certains correspondants des tonnes de disquettes afin de bénéficier de programmes utilitaires et de jeux que je n'aurais de toute façon jamais pu acheter. Ahhhhhh DISCOLOGY, MGT, ALIENS, BACTRON, ces parties endiablées d'Arkanoid avec mon petit frère ! Mais je suis incapable de dire comment j'ai pu engager ces correspondances !!! Via des petites annonces dans des magazines ? Peut-être, je n'en ai aucun souvenir. Ou alors via des fanzines dont les magazines papier faisaient la pub.

J'ai perdu contact avec eux, s'ils se reconnaissent, je veux bien replonger dans le passé avec eux ! J’ai juste un vague souvenir d’échanges bien intenses avec Cédric, le rédacteur du fanzine Noix de Croco, on s’entendait virtuellement bien. En revanche, j’ai eu le grand plaisir d’assister à plusieurs salons informatiques Porte de Versailles à Paris, et sur place les contacts étaient plus faciles car on avait pour coutume de portait un badge avec notre pseudo, notre nom ou notre création pour se reconnaitre (durant ma période Amiga, ce type de contact allait bon train).

Quelles ont étaient tes autres créations ?
Des programmes sur CPC, j'en ai fait beaucoup en passionné que j'étais, et même des plus élaborés que SILIPACK, mais il s'agissait d'outils personnels essentiellement en MODE 2 (le fameux mode texte). J'ai souvenir d'un gros truc que j'avais pondu pour enregistrer, organiser et mettre en page les nombreux paramètres de mon synthé, un KORG POLY 800 II. C'était si spécifique que je n'ai jamais envisagé de le faire éditer. Je pense aussi à des menus déroulants réalisés en assembleur en exploitant la deuxième banque de 64K du CPC (pour le modèle 6128). Il y a aussi certains dessins qui sont ensuite parus dans la presse. Une période enrichissante ou la créativité était le lot quotidien en fait, il n’y avait pas de sur-consommation logicielle comme maintenant.
Bananamerica
L'oiseau noir
AMSTRAD CENT POUR CENT N°2 – MARS 1988 (Bananamerica)
Réalisé avec AMX Paint et la souris AMX Mouse

AMSTRAD CENT POUR CENT N°6 – JUILLET 1988

(Oiseau noir)

 
 
Parallèlement à la programmation sur CPC, je me suis beaucoup investi dans la programmation sur THOMSON MO5 puisque c'était la machine que l'Education Nationale avait imposée dans tous les établissements scolaires à l'époque du plan "Informatique pour Tous". Je n'ai malheureusement aucune trace de cette période (et je le regrette car le MO5 avait aussi son intérêt).
 
J’ai également fait pas mal de routines, comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises plus haut, dont une qui me rendait particulièrement fièr : en 98 octets, la possibilité de multiplier par 10 la vitesse d’affichage du texte en mode 2 du CPC. Une routine relogeable que je crois disponible sur un des numéros de KEEP COOL. Après, comme tous les passionnées, j’ai fait plein de choses qui servaient à tout et à rien mais je n’ai rien conservé en termes de disquettes, j’ai probablement tout revendu lorsque la période Amiga s’est imposée.
 
Lors de nos contacts, je t'ai senti un poil nostalgique. Quel regard portes-tu sur cette époque de ta vie ?
La nostalgie, c’est le souvenir d’un passé heureux auquel il semble qu’on ne puisse plus accéder pour retrouver les mêmes sensations. Je suis alors nostalgique d’un temps où l’informatique était plus simple, plus riche aussi, un temps où le PC n’avait pas encore uniformisé le monde. Certes, l’effet de nouveauté dans le monde de l’informatique familiale créait alors des sentiments difficilement reproductibles aujourd’hui où l’ordinateur a été banalisé.
C’est une conséquence normale de la démocratisation d’une certaine forme de technologie, mais puisque cette dernière évolue, pourquoi n’est-il pas possible à chaque découverte de s’émerveiller avec autant de force qu’il y a trente ans ?
 
Parce que depuis une vingtaine d’années l’ordinateur lambda n’a plus d’âme, il n’est qu’une machine platement conçue pour broyer de l’octet et télécharger à outrance, il est devenu un fast-food numérique où le remplissage du contenant a supplanté la qualité du contenu. Aujourd’hui les disques durs vomissent de l’octet, ils en sont saturés. Une surenchère de bits, de pixels, de couleurs, de Ghz... Pour beaucoup trop de concepteurs, évolution technologique n’arrive pas à fusionner avec simplicité. Bien entendu que des machines puissantes, il en faut, parce qu’on ne gère pas de la même façon les ressources nécessaires à l’affichage de “Hello World !” et celles réclamées pour l’édition d’une vidéo en full HD.
Mais avec les années, il est devenu de plus en plus complexe d’effectuer une même tache pour un même résultat, et c’est paradoxal puisque c’est justement le contraire qui aurait dû se passer.
Même programmer un simple “Hello World” relève désormais des compétences d’un technicien et l’assimilation de modes d’emploi de langages à la syntaxe effrayante. A force de mettre en opposition ces deux notions, simplicité et puissance, on a fini par choisir l’une OU l’autre alors que la technologie ne peut être pleinement appréhendée que si elle est présentée AVEC simplicité.

Avec le CPC, tout me paraissait simple. Aujourd’hui on a les connaissances et la technologie pour que les choses restent simples, voire encore plus simplifiées, et on a pris le chemin inverse. Il n’y a que les constructeurs de voiture qui ont compris que plus le capot était bourré d’électronique, plus le tableau de bord devait être épuré.
 
Puis au-delà de cette complexité croissante, on a beau avoir plein d’amis sur Facebook, rien ne pourra remplacer le plaisir d’échanger idées et programmes au travers d’un échange live. La virtualité a beaucoup d’avantages (et je l’utilise avec générosité), mais j’ai la nostalgie d’un temps où je surveillais mon facteur pour savoir si j’avais reçu les dernières news logicielles de mes contacts. Oui, c’était moins rapide qu’avec Internet, oui c’était moins pratique, oui ça coutait plus cher. Mais humainement si enrichissant ! Aujourd’hui on a une autre forme de plaisir, mais elle touche moins le cœur et les tripes. Sauf quand les nostalgiques des premières heures de la micro-informatique se retrouvent sur Facebook pour faire revivre leur passé ... et pleurer ensemble !
 
L’émerveillement du passé est presque réduit à néant, le plaisir d’attendre la sortie d’un nouveau type d’ordinateur n’existe plus, personne ne se risque à faire autre chose que du compatible avec le compatible. Ça tue la créativité, parce qu’il n’y a plus aucune surprise. C’est la loi du commerce qui prime, pas celle de la folie dans les idées. Si au moins cette folie avait su perduré en même temps que la démocratisation du PC...

Imaginons un instant avoir deux ordis à la maison : le gros PC pour les taches professionnelles ou réclamant un partage universel des données, et l’autre, à côté, qui collerait à la personnalité” de son acquéreur. Fin de rêve.

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