Olivier Richez -Loriciel- (Amstrad 100% n°21 – 1989)

Je vois que vous êtes tous présents et attendez avec impatience de voir de quel nez vont sortir les vers de ce mois-ci. Cette fois, comme c’est Noël et qu’il faut, pour garder mon image de marque, faire dans la dentelle, je vous réserve une surprise car nous avons eu affaire à un programmeur de type assez spécial.

OLIVIER RICHEZ, LE CHAT NOIR QUI TIRE PLUS VITE QUE SON OMBRE.

 

 

Je ne vous apprends rien si je vous dis que nous vivons dans un monde pas comme les autres. Si vous n’en êtes pas convaincu, vous pouvez aller voir ailleurs pour faire la différence. Notre monde est celui des CPC et on en est fiers. Notre devise (du moins celle des dieux de notre monde) est “l’innovation”. Pour ne pas trahir cette image (ça fait deux images donc un paquet de bon points) il existe sur cette planète des personnes qui travaillent jour et nuit pour trouver le “plus”, qui pourrait nous faire plaisir.

Olivier Richez est un très gentil garçon, et nous a pondu un truc assez génial qui correspond bien évidemment à tout ce dont je viens de parler. Vous vous demandez sûrement de quoi il peut bien s’agir. Je vous le donne en mille. Eh bien oui, c’est le programmeur du West Phaser. Vous savez, le colt des années 90, celui qui tire sur un écran pour descendre tous les méchants sprites qui veulent du mal aux gentilles petites brunes bien enrobées. Eh bien madame, je me posais, depuis sa sortie, la question suivante qui viendrait à l’esprit de n’importe quel bidouilleur : mais comment ça marche ?

Pour cela on s’est pas dégonflés. D’habitude avec Pierre, on papotait avec les programmeurs ou dessinateurs, mais cette fois, on a pris tous les atouts de notre côté en suppliant le grand Sined de nous accompagner pour mettre au clair tout ce qui devait être. Reçus par la charmante et non moins compétente attachée de presse de Loriciel (ND Sined : Maman, je peux avoir la même pour Noël ?). nous commençâmes notre interview.

 

Nous : Salut c’est nous et toi t’es qui ?
Lui : Olivier Richez.

 

Moi : Eh, dis-moi Pierre, c’est qui la dame ?
Le “demi périmètre du cercle” me jeta un regard si glacial que je pris la décision de tourner trois fois ma langue dans ma bouche avant de poser des questions ridicules.

 

Nous : C’est quoi tes débuts dans le monde de l’informatique ?
Lui : Après une tentative dans le monde de T… (touss, touss, keuf, keuf, mmmm…) qui n”a pas vraiment marché, j’ai eu la chance d’être embauché par Loriciel, le 15 juin 1988 si tu veux tout savoir.

 

Nous : On est conscients que ta vie doit être très passionnante, mais nous, ce qui nous intéresse, c’est le West Phaser. Peux-tu nous donner des explications concernant la naissance de ce produit ?
Lui : Pour fabriquer le pistolet, on a travaillé avec les Taïwanais. Ça a été très long car, sans arrêt, on recevait des prototypes et le résultat n’était pas toujours celui que l’on espérait.

 

Nous : Et… ?
Lui : Ça marchait un peu comme et quand ça voulait. Ce qui entraîna sans arrêt des modifications. On a eu de gros ennuis avec les écrans monochromes Amstrad qui sont résolus, je te rassure (pas les écrans, banane, les problèmes).

 

Nous : Mais …
Lui : Le principe pour le pistolet est dans le fond le même pour toutes les machines. Il y a deux fonctions, celle de la gâchette et celle de la lecture du spot. La cellule va lire la position du balayage sur l’écran alors que, comme tu le devines, la gâchette donne le top pour cette même lecture, ce qui (couic)…

 

Nous : Attends deux secondes, si on te gêne, tu le dis et on s’en va. Tu pourras continuer tout seul.
Lui : Mais pas du tout, j’oubliais de vous dire que pour l’Amstrad, on attend que le balayage soit en haut de l’écran pour ensuite compter sa position, sachant bien sûr, le temps que met le balayage pour descendre dans une position donnée.

 

Pierre : Dis-moi, Poum, tu suis, parce que faut que j’aille aux…
Moi : Oui bien sûr, mais dis-moi, c’est qui la dame ?

Lui : C’est Sophie Lallée. l’attachée de presse de Loriciel.

 

Moi : Enfin… J’y pense avec ce que tu viens de dire, on peut avoir une idée bien précise pour la position verticale du pistolet par rapport à l’écran, mais pour cette même position à l’horizontale ?
Lui : Très bonne question. Je vais t’expliquer le fonctionnement du West Phaser en détail. Lorsque le temps machine n’est pas utilisé pour le déplacement et la gestion des sprites, le CPC scanne le West Phaser et attend qu’on appuie sur la gâchette. Lorsque cet événement se produit, toutes les encres sont positionnées en blanc pour permettre au faisceau d’être détecté par le pistolet. Une boucle d’attente de la prochaine interruption permet de savoir où était le faisceau sur l’écran. Avec cette méthode, l’ordonnée découle de source. Pour gagner de la précision sur l’abscisse, le scanning est réalisé sur cinq lignes, ce qui affine l’abscisse du point recherché. En effet, les temps reçus entre chaque signal permettent de mieux apprécier la position du balai en horizontal.

 

Sined : Moi je trouve l’idée du West Phaser sympa. Mais tu vois, si j’étais toi, j’aurais programmé une petite routine qui donnerait la possibilité d’utiliser le pistolet dans n’importe quel jeu qui serait programmé, pourquoi pas, par les possesseurs de ce produit.
Lui : Tu vois, c’est Noël, et pour te faire plaisir, je te signale que sur la face 2 de la disquette, il existe un bon nombre de RSX qui répondent à ton désir.

 

Sined : Ah ! que ça c’est du pro comme je les aime. (La prochaine fois, je la fermerai plutôt que de raconter des bêtises.)
Nous : Nous voici enfin arrivés à la fin de notre entretien et, comme d’habitude, on va te poser une série de questions stupides.

Lui : Et je dois y répondre comment ?
Elle : Stupidement, bien sûr.

 

Nous : Quelle est la couleur de tes chaussettes ?
Lui : Rose, gris et blanche.

 

Sined : Pour la couleur, on dit grise.
Nous : Tu aimes les chats ?
Lui : Mouais, j’en ai un.

 

Nous : Comment qu’il s’appelle ?
Lui : Zézette.
Elle : Ouarf ! ouarf ! (nase de rire)

 

Nous : Quel est le défaut qui te déplaît le plus chez les autres ?
Lui : L’égoïsme.

 

Nous : Que bois-tu le matin en te réveillant ?
Lui : Du café bien fort.

 

Nous : Et à quelle heure tu te réveilles ?
Lui : A 7 heures.

Septh : Oui, on m’a appelé ?
Nous : Comment tu t’habilles quand tu programmes ?
Lui : Comme ça.

 

Nous : Tu bois quoi avant de t’endormir ?
Lui : Du Coca, de l’eau, tout ce qui est frais.

 

Nous : C’était les questions bêtes.
Elle : Ouarf ! ouarf ! (encore plus nase qu’avant)

 

Nous : OK, c’était super sympa de nous accueillir.
Pour finir en beauté, on pourrait aller boire un verre, hummmmm ?

Elle : Désolée les gars, j’ai un truc de la télé sur mon lit que je dois reprendre, alors ça sera pour une prochaine fois.

Nous : Ohhhhhhh !

Propos recueillis par Pierre et Poum et execeptionellement par Sined , A100 n°20

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