Thomas Bressel alias Zisquier • La culotte de Zelda, Goldorak

Salut Zisquier. Beaucoup te connaissent déjà, mais peux-tu te présenter rapidement ?

Salut, et bien je m’appelle Thomas Bressel, j’ai 48 ans (génération 1977) et je suis un fada de rétro gaming, sinon que dire d’autre… j’ai été musicien / prof de guitare / artiste et tout le reste… pendant 25 ans et aujourd’hui je suis concepteur et développeur d’applications web.

Quelle est la première machine que tu as eue en main ? Et la première console ? Quand as-tu eu ton premier Amstrad ?

Ma première console, c’est une Atari 2600 que j’ai toujours d’ailleurs. Je l’ai eue à Noël 1984, j’avais 7 ans. Et 3 ans plus tard, le père Noël m’a apporté un bel Amstrad CPC 6128 couleur ! C’était donc à Noël 1987 !

Quel est ton premier souvenir avec l’Amstrad ?

Il est très précis. C’est effectivement ce jour de Noël où, après avoir déballé et rangé les papiers cadeaux, on l’a installé dans la bibliothèque de l’appartement de mes parents. Cet écran bleu était assez énigmatique, j’avais une disquette pour le français car j’étais pas très bon à l’école, ça s’appelait Balade au pays de l’écrit, et j’avais aussi le jeu Gauntlet 2. Et je me souviens qu’avec mon père on cherchait comment démarrer un jeu qui était sur une disquette système et on a passé un peu de temps à lire le manuel pour savoir quelle commande il fallait taper. C’est mon vrai tout premier souvenir.

Quel est ton parcours professionnel ? Et celui autour des micro-ordinateurs ?

Oula, c’est très vaste comme question…

Je vais te raconter une anecdote que je raconte assez souvent : comme je disais plus haut, j’ai été musicien pendant 25 ans, mais c’est une orientation qui est née d’une contrariété, car j’avais déjà la passion des micro-ordinateurs et de la programmation. J’avais réalisé tout seul un jeu de casse-briques vers l’âge de 12 ou 13 ans, je me sentais naturellement doué dans ce domaine. J’ai dit au collège que je voulais en faire mon métier au moment ou la question de mon orientation s’est posé. Et on m’a répondu que l’informatique n’était pas un métier d’avenir et qu’il n’y avait pas de débouchés… (Mr Léonard, visionnaire en son temps, prof de français au Collège Germain à Coutances … RIP). C’était en 1993 après mon déménagement de la région parisienne vers la Normandie. Visiblement, les profs n’étaient pas très aware, (comme dirait notre ami JCVD).

 

Et comme la même année j’avais commencé des cours de guitare et que là je trouvais que j’étais vraiment très bon dans cette discipline, j’ai alors dit que je souhaitais faire mon métier dans la musique. J’ai passé tous mes diplômes et ensuite j’ai commencé à donner des cours, c’est comme ça que j’ai entamé mon parcours des 25 ans dans la musique. Parallèlement je continuais à faire du code notamment à partir de 2000/2001 quand Internet est arrivé. J’ai jamais vraiment lâché la programmation, j’en ai toujours fait de près ou de loin pour mon propre besoin ou pour celui des écoles de musique ou des groupes locaux. Aujourd’hui, la musique n’est plus mon métier. Comme je disais, j’ai repris mes études il y a trois ans pour passer des diplômes, obtenir des certifications et me lancer dans l’aventure de la programmation et du développement web !

 

Pourrais-tu nous citer tes 5 jeux et/ou logiciels préférés sur cette machine ?

Pour les jeux, c’est difficile, il y en a tellement ! Alors c’est pas exhaustif, mais il y aurait :

 

 

Alors c’est pas exhaustif, mais il y aurait :

  • Les aventures de Moktar
  • Gryzor
  • Ghostbusters 2
  • Tortues Ninja 1 et 2
  • Tintin sur la Lune…

 

Rahhh c’est frustrant !

  • Charlie Diams
  • Billy 2
  • Bruce Lee
  • Batman The Caped Crusader
  • Moonwalker
  • Sorcery
  • Paperboy
  • Captain Blood
  • Pink Panther
  • Prince of Persia…

 

 

 

 

voilà j’ai pas pu m’empêcher parce que ça aurait été injuste pour ces autres jeux-là. lol. Sans oublier le logiciel Discology pour copier les disquettes des copains et OCP Art Studio pour dessiner.

On peut parfois t’entendre parler d’une autre machine obscure, l’Atari. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur cette machine ?

Eh bien c’est une machine qui m’a énormément fait envie, c’est un euphémisme. Mon père ramenait des magazines comme Tilt ou Joystick et les photos des screens des jeux en 16 bits me faisaient énormément saliver. J’adorais aussi toutes les petites icônes sur le bureau. J’avais même essayé de reproduire ça en Basic sur mon Amstrad. À l’époque, je ne voyais aucune différence entre l’Amiga et l’Atari ST. Maintenant j’en ai cinq à la maison et j’adore cette machine car on peut faire de la musique. Je peux même brancher mes instruments MIDI dessus et enregistrer sur mon quatre pistes cassette. J’ai un Cubase 3 original et avec mon Atari 1040 STE et ses 4 Mo de RAM, je suis aux anges ! Je suis plutôt bien équipé, car j’ai un UltraSatan qui fait office de disque dur et sur toutes mes machines, les lecteurs de disquettes fonctionnent. Donc je me fais plaisir grave ! Et la ludothèque de jeux, j’en parle même pas, j’ai plein de jeux originaux et de nombreuses disquettes en vrac. Franchement c’est une super machine.

 

Est-ce que tu as déjà codé pour cette machine ? Est-ce que tu comptes le faire à l’avenir ?

Oui, j’ai appris à coder en assembleur directement sur la machine à partir de mes connaissances en assembleur Z80 de l’Amstrad. J’ai réalisé une démo du jeu Zelda 3 sortie sur Super Nintendo, en essayant de reproduire toute la partie introduction et une partie du gameplay du jeu original. Mais oui, dans un avenir très proche même, je compte développer des choses pour cette machine, notamment un jeu Pokémon Jaune qui va me servir de support pédagogique pour mes cours d’assembleur, ceux que je donne sur mon site asmtariste.fr.

Pour nous, qui ne connaissons pas la machine, quel serait LE jeu à faire pour la découvrir ?

Alors tout dépend du style de jeu.

  • En jeu d’action : Ranx, Targhan et Back to the Golden Age.
  • En jeu point and click : Les Voyageurs du Temps, Maupiti Island.
  • En jeu de plate-forme : Chuck Rock et Toki, voire aussi Fire & Ice ou même Gods.

C’est comme pour l’Amstrad, il y a énormément de bons jeux.

 

Quels sont tes objectifs d’apprentissage sur Amstrad et autres micro-ordinateurs ?

Il reste encore beaucoup de choses à apprendre et quand je parle de l’Amstrad, je précise spécialement sur la gamme Plus. Je dois apprendre à faire du scrolling multidirectionnel et aussi le multiplexage de sprites hard. Il faut aussi que je travaille un peu plus sur mes interruptions et sur la partie sprites soft, mais au-delà de tous ces détails qui sont des spécificités techniques de la machine, c’est le concept même du développement d’un jeu qui est le vrai défi. Par exemple on ne développe pas un shoot ’em up de la même façon qu’un jeu de plate-forme ou qu’un jeu de bagnole, le vrai challenge, je pense qu’il est là.

Pourquoi te décider à apprendre le code sur Amstrad ?

Alors en fait j’ai rien décidé du tout si on parle du Locomotive Basic que j’ai découvert en même temps que l’ordinateur lui-même. Pour l’assembleur, c’est tout simplement parce que je lisais dans les magazines Amstrad 100% les rubriques sur ce langage obscur et que j’ai toujours cherché à faire une chose à l’époque : afficher un sprite et le faire se déplacer à l’écran, c’est tout. Une chose en entraînant une autre, on a envie d’en découvrir plus, et on se retrouve à créer un jeu par le plus grand des hasards.

Qu’est-ce qui t’a amené à développer le jeu “La culotte de Zelda” ? Peux-tu nous parler de ses origines ? D’ailleurs, pourquoi ce nom ?

Bah en fait j’ai pas fait exprès de le développer, je suivais les cours d’Amaury sur son site, donc j’apprenais à faire des choses de plus en plus difficiles et au bout d’un moment je me suis rendu compte que c’était des choses qui constituaient les éléments d’un jeu. Il me fallait trouver un exemple de jeu qui se prête aux exercices, et c’est tombé sur Zelda… Ça aurait pu être autre chose.

 

Les origines du titre c’est tout simplement parce que j’en avais absolument rien à carrer, et que l’enfant de 10 ans qui sommeille encore en moi rigole encore quand on dit pipi caca et prout ! Au moment où je me suis dit qu’au finalement j’allais sortir un jeu, je me suis dit bah je vais peut-être prendre un autre titre genre “The Secret of Zelda”. Je sais plus si c’est BDCIron ou JB le Daron qui m’a dit “bah non, garde le titre c’est beaucoup plus marrant…”. Donc c’est resté comme ça.

 

Quels sont les outils/logiciels que tu as utilisés pour le développer ?

Alors j’ai beaucoup utilisé WinAPE pour déboguer et tester des trucs, RASM pour assembler le code du jeu, Arkos Tracker 2 pour la musique et le player. Il me semble que j’utilisais Notepad++ au début. Et bien sûr, un vrai Amstrad sur lequel j’ai une C4CPC.

 

Est-ce que tu as rencontré des difficultés ? Si oui, lesquelles ? Comment as-tu fait pour débloquer la situation ?

La difficulté, c’était de me retrouver dans tout le bordel de fichiers que j’avais amassé, et de comprendre les concepts, c’est-à-dire la logique de certains éléments du jeu. J’avais un problème à résoudre, il fallait que je trouve une solution avec du code qui soit le plus court possible, réutilisable, et qu’il soit indépendant du reste. Il fallait aussi que je gère la boucle du jeu. En fait, les difficultés il n’y avait que ça tout du long car c’était mon premier jeu. La solution pour débloquer la situation était simple, veiller jusque très tard dans la nuit jusqu’à ce que ça marche.

Passons maintenant à ton dernier jeu disponible, Goldorak, sur GX 4000. Comment est né ce projet ? Vers quel(s) logiciel(s) et outil(s) est-ce que tu t’es tourné pour développer ce jeu ?

Ce projet, là il est d’abord né dans la tête d’Éric Cubizol. À l’époque j’étais sur les groupes Facebook d’Amstrad, et je vois un post avec des graphismes de Goldorak, vachement bien dessinés et comme moi je cherchais un nouveau type de jeu à faire, bah j’ai proposé de développer le jeu. Alors si je parle pour Éric je sais qu’il a utilisé Multipaint pour créer les GFX, mais j’ai dû les retoucher au niveau de leur position à l’écran avec le logiciel d’AST, qui s’appelle IMPDraw. J’ai dû également changer les numéros d’encre et réorganiser la palette, ce sont des choses dont on tient compte quand on développe un jeu mais Éric ne pouvait pas deviner les contraintes techniques, donc je m’en suis chargé. Sinon c’était VS Code pour le code, RASM pour l’assembleur, WinAPE et ACE-DL pour déboguer et tester l’émulation. Johan a utilisé Arkos Tracker pour les musiques.

 

Pas simple de te lancer dans l’adaptation de Goldorak. Comment tu as relevé ce défit ?

Bah la difficulté c’était le scrolling vertical, je crois que c’est ce truc-là qui m’a posé le plus de problèmes, d’ailleurs il n’est toujours pas parfait. J’ai dû faire plusieurs essais au début, je voulais faire un scrolling dans lequel on pouvait accélérer et décélérer, mais dans le gameplay du jeu ça aurait été trop le bordel, j’ai donc fait un scrolling tout simple. Il a fallu aussi que je réfléchisse aux vagues d’ennemis et à la temporalité des apparitions des boss et donc j’ai dû trouver des moyens pour afficher un maximum de sprites à l’écran sans faire fumer l’Amstrad. Mais je crois que le truc le plus difficile, c’était la gestion du temps.

 

J’avais développé 80 % du jeu en l’espace de quatre mois seulement et j’avais une deadline à cause du début de ma formation pour ma reconversion dont je parlais plus haut. Il y a eu un grand moment de pause avant que je puisse reprendre le développement et le terminer. Après je dirais les solutions, on les cherche soi-même, mais que ce soit pour les deux jeux précédent ou Goldorak, la solution est aussi beaucoup dans l’entraide de la communauté Amstrad, qui regorge de développeurs qui ont une expérience de dingue et un savoir-faire que je n’aurais peut-être jamais. Ils sont pas avares de conseils, donc si on veut débuter et apprendre la programmation, il y a plein de gens bienveillants qui sont prêts à aider. Je pense qu’avec ces informations, plus personne n’a d’excuses pour se lancer dans le développement de nouveaux jeux !

 

Pourrais-tu nous parler de tes projets futurs ? Un prochain jeu ? Un apprentissage ?

Mes projets futurs concernant l’Amstrad sont un peu en stand-by, car vu ce qu’il s’est passé après la sortie de Goldorak, que certaines personnes se sont fait de l’argent sur notre dos en prétendant vendre leur hardware plus que le jeu qui était dessus, mais en faisant quand même de la promotion de leur hardware grâce au jeu… ce ramassis d’hypocrites et de profiteurs a quelque peu calmé mon envie de créer des jeux gratuits pour faire plaisir (d’ailleurs Sonic GX et Alcon en ont fait aussi les frais). J’ai envie de dire, démmerdez-vous, créez vos propres jeux, mais pour ma part je mets ça en pause. Si je développe un jeu prochainement sur Amstrad, il faudra payer.

 

Un grand merci pour ton temps et pour cette interview.

Tu as un dernier mot pour la fin et pour nos lecteurs/lectrices d’Amstrad.eu ?

Oui : Pay or Die ! Et À bientôt sur Twitch 😉

1 Commentaire

  1. WildFromCnr

    Superbe interview … Thomas est une personne adorable et avec beaucoup de talent … Je suis tres heureux de l’avoir rencontré deja deux fois lors de meeting …

Soumettre un commentaire

 

Du 8 au 10 mai à Rochefort !

 

Ma Radio CPC

MON COMPTE

Donathon 2026

MEMBRES EN LIGNE

CHAT LIVE

Vous devez être connecté pour accéder au Chat Live.

DISCORD AMSTRAD.EU

SUR LES FORUMS

DERNIERS COMMENTAIRES

VIDEOS