Yves Lamoureux -Prohibition, Capitaine Blood, …- (Amstrad 100% n°19 – 1989)

L’heure était grave. Toute l’équipe était au complet. Leur mission était de trouver un programmeur ou graphiste digne de ce nom, à qui on irait tirer les vers du nez. On entendit une voix reconnaissable parmi des milliers dans le couloir, c’était le chef en personne qui faisait son apparition. Comme si le bras ne suffisait pas, il avait le nez dans le plâtre (juré, c’est vrai). Il ressemblait tellement aux personnages du capitaine Blood que la décision concernant le choix du programmeur du mois fut très rapidement prise.

YVES LAMOUREUX, L’AMOUREUX PROGRAMMEUR

Nous : Salut Yves, peut-on savoir quel âge tu as ?
Lui : 25 ans.

 

Nous : Pour te situer dans l’univers du CPC, sur quels jeux as-tu travaillé ?
Lui  : La Formule, Prohibition, les Dieux de la mer, Bivouac, Bob Morane science-fiction, l’Arche du capitaine Blood et Purple Saturn Day.

 

Nous : S’il te plaît, tu peux te montrer un peu plus expressif ?
Lui : Mouais, elle est où ?

 

Nous : !! C’est quoi la Formule ?
Lui : C’est le premier jeu que j’ai programmé pour Infogrames, et c’est de loin le meilleur. Tu connais pas ?

Nous : Non, tu peux nous en dire deux mots?

Lui : Oui, c’est un professeur de chimie qui invente une potion pour devenir tout petit, il en boit par mégarde et il devient tout petit et tombe dans une poubelle. Dans cette poubelle, il y a les morceaux de la formule qu’il doit récupérer pour pouvoir les relier et aller dans son laboratoire pour préparer la potion magique qui va le faire devenir plus grand. C’est un jeu d’arcade dans lequel il faut ramasser les bouts de papier…

 

Nous : Attends, on a pas trop de place, on va parler d’autre chose, tu veux bien?
Lui : Ouais, elle est où ?

 

Nous : !! Tu gagnais combien à l’époque ?
Lui : Tes vachement indiscret On avait l’impression qu’Yves était ailleurs. Il n’arrêtait pas de tourner la tête dans tous les sens, comme s’il cherchait quelque chose. (Au fond, on savait bien que ce quelque chose était quelqu’un). Mais voyons la suite.

Nous : Nous, on aime les jeux parfaits comme Prohibition, qui était ton premier jeu avec des scrollings en béton et ..

Lui : Top ! Le premier avec des scrollings, c’était la Formule. J’ai mis un temps fou pour le trouver, mais une fois la technique maîtrisée, la programmation de jeux comme Prohibition ou Bob Morane espace devenait un jeu d’enfant.

 

Nous : La grande mode chez les programmeurs est de délaisser leur 8 bits pour passer sur les 16 bits.
Septh : Je ne dirai rien.
Lui : Moi aussi, je travaille sur PC, car il y a une forte demande pour les jeux sur les compatibles. En plus, ils ont plus de mémoire et différents types de carte graphique.

 

Nous : On est surpris de voir des jeux sortir sur Amstrad qui repoussent de plus en plus les limites de la machine, cela ne te donne pas envie d’écrire des méga routines optimisées ?
Lui : A vrai dire, j’en ai marre de toujours pousser les limites de la machine, car à chaque fois cela devient un casse-tête, à la fin, c’est crevant.

 

Nous : Pour programmer, tu travailles avec quel logiciel ?
Lui : Je programme avec un assembleur Z80 sur PC. J’assemble donc avec le PC et je vérifie juste le résultat sur CPC. C’est classe, non ?

 

Nous : Que penses-tu des démo, sur Amstrad ?
Lui : J’en ai vu quelques-unes. C’est bien, et si j’avais le temps j’en ferais bien, mais hélas.

 

Nous : Avec Philippe Pamart, on parlait des secrets gardés jalousement par les programmeurs. Qu’en penses-tu ?
Lui : C’est bête, car il ne faut pas garder des routines que pour soi. Si Philippe m’avait téléphoné, je lui aurais volontiers donné les routines pour faire son scrolling.
On commençait à bien le sentir, le petit Yves. Plus il parlait, plus il nous paraissait sympathique. Alors  sans prendre de gants, on lui posa la question suivante.

 

Nous : Dans Blood, tu nous as pondu un paquet de planètes qui tournent à une vitesse folle, tu nous livres le secret ?
Lui : Je vous vois venir, tous les deux. Year, c’est elle ?

   

Nous : Non, ça c’est Delphine de chez Syntax Error.
Lui : Allez, parce que c’est Poum qui me le demande si gentiment. Dans Blood, toutes les planètes sont des calculs fractales. Il faut calculer la surface fractale à plat pour ensuite la projeter sur une sphère. On affiche alors en temps réel cette planète avec une tempo que l’on diminue pour obtenir une accélération de la vitesse de rotation. Ça va?

 

Nous : Et l’intelligence artificielle dans Blood?
Lui : La seule chose que je peux en dire, c’est que, dans les prochains jeux, elle sera grandement améliorée.

 

Nous : Comment fais-tu pour optimiser tes programmes, tu nous donnes quelques petits tuyaux ?
Lui : Avec plaisir, tu les veux avec ou sans coude ?

 

Nous : Tu n’écris pas chez Syntax, par hazard ?
Lui : Non, sérieux, pour accélérer un jeu, il va de soi qu’il faut virer le système et réécrire ses propres routines. Ainsi tu as toute la place mémoire pour toi (de 0 à FFFF). Je garde juste l’adresse du saut pour les interruptions.

 

Nous : Encore, encore…
Lui : Vous me gênez, les gars. Allez, il faut également éviter les boucles, quitte à rallonger le programme de quelques octets. Utiliser plusieurs LDI qui vont plus vite qu’un LDIR. Pour afficher un sprite, remplir les lignes sans utiliser de boucle, une seule suffit pour compter le numéro de la ligne.

 

Nous : Voici une suite de questions stupides. Va savoir pourquoi, on aime ça. Tes prêt ?

Lui : Je m’attends au pire, mais bon allez-y.

Q : Quelle est la couleur de tes chaussettes ?
R : Blanche.

Q : Quel est le défaut qui te déplaît le plus chez les autres ?
R: Le fait de se prendre pour quelqu’un (NDPoum : Voyez les amis, ça c’est un mec bien.), l’orgueil et le complexe de supériorité.

Q : Tu aimes les chats ?
R :……….Non.

Q : Que bois-tu le matin ?
R : J’aime bien les chiens, par contre.

Q : Tu te lèves à quelle heure ?
R : A 8 heures, et je bois du thé.

Q : Ta tenue de programmeur ?
R : Rien de spatial.

Q : Tu bois quoi avant de dormir ?
R : De l’eau, du thé. Du café s’il y en a.

Nous : Yves, on aimait beaucoup ce que tu faisais, et on sait maintenant que tu es un gars super, on te remercie.
Lui : C’est gentil, mais elle est où ?

 

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